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Depression post-partum

Quand on s'apprête à devenir (ou redevenir) maman, on est souvent dans une bulle. Notre bulle à nous, dans laquelle on se projette avec notre bébé d'amour, un monde dans lequel tout va bien, dans lequel notre bébé est souriant, joyeux et nous aussi !


Et puis la réalité nous rattrape. Parfois brutalement. Devenir maman, c'est un grand bouleversement pour beaucoup d'entre nous. Alors d'accord, quelques jours après l'accouchement, on a une grosse chute d'hormones. C'est physiologique, c'est normal. Et entre ça, les vergetures, notre ventre qui pendouille, nos cernes et ce nouveau bébé qui ne nous laisse pas dormir, ben... Hé, c'est rude ! Alors les larmes coulent à flot, et c'est normal. On a bien le droit d'avoir quelques jours avant d'atterir ! D'autant qu'il suffit généralement de rentrer à la maison de retrouver son confort, sa moitié pour être regonflée à bloc, retrouver sa bonne humeur et profiter de son tout nouveau bonheur !


Mais ce n'est pas le cas de toutes les mamans. Et pour beaucoup plus qu'on ne le pense... Ce petit coup de blues à la maternité, il a un nom, c'est un baby blues. Il touche (presque) toutes les mamans, rien de très grave, pas drôle mais ça passe.


En revanche pour d'autres, c'est l'enfer qui commence. Une vraie dépression s'installe. La fameuse dépression post-partum. Et elle est vicieuse... Elle peut taper à ta porte n'importe quand pendant la première année de vie de ton mini. Et quand elle est là... Tout devient difficile. Tout devient sombre. Tout devient douleur. S'occuper de son enfant devient une charge trop lourde à porter, se lever est un défi insurmontable, le bonheur n'est qu'une tâche sur l'horizon qui s'éloigne de plus en plus dévoré par la culpabilité qui n'en finit plus de grossir à l'intérieur de ton coeur et de ton corps de maman.


Je suis passée par là.


Je me levais le matin. Je collais un sourire sur mon visage. Une maman DOIT être heureuse. Et je m'occupais de ce bébé qui était sous mon toit. Pas le mien. Juste un bébé. Il est là, alors je dois m'en occuper. Je veux l'allaiter mais... L'entourage et le milieu médical ont eu raison de ma volonté alors il est au biberon. Ce qui rend les choses encore plus culpabilisantes pour moi. Alors je le nourris, je le change, je le promène. Parce que c'est ce que je dois faire. C'est ce qu'on attend de moi. Et quand il pleure, quand je l'entends, quand il babille, ce n'est que douleur. Non, je ne veux pas, je ne veux plus. J'ai changé d'avis, je ne veux plus de cet enfant. Je veux retrouver ma vie d'avant, quand tout allait bien, que je n'avais pas la responsabilité d'un être humain. C'est trop pour moi, je ne peux pas, je ne veux pas. Etre seule avec lui est impossible, je suis incapable, je suis une mauvaise mère, je ne sais pas quoi faire. Tout n'est que doute insupportable. Mais pourquoi pleure-t-il ? Qu'il s'arrête, je vous en supplie. Et je sais. Je sais qu'il ressent ma détresse, qu'il voit que sa maman ne l'aime pas, la culpabilité est un montre immense qui me dévore. Le quotidien est un enfer qui n'en finit plus. Je me lève avec l'envie de disparaître. Tous les jours.


Heureusement, le papa est là. Toujours. Il est là et il voit. Que quelque chose ne va pas. Alors il est ma tête, mes bras, mes jambes. Il me porte. Tout en douceur. Jusqu'à ce qu'enfin... Je reconnaisse ce bébé comme mon bébé à moi. Mon tout-petit que j'aime d'amour, plus que ma propre vie.


Ça a duré 6 mois. Heureusement, mon homme était au chômage et a pu rester à mes côtés à chaque minute. Malheureusement, je n'en ai pas parlé. J'ai fini par consulter mais bien plus tard. J'appelle cette période, ma période noire. Parce que quand je repense à ces moments là, je ne vois que du noir. Quand je revois des photos de mon loulou à cette période là, je ressens encore la douleur et surtout, surtout, la culpabilité. J'ai le sentiment qu'on m'a volé ces quelques mois avec mon enfant. Et aujourd'hui, 8 ans plus tard, j'essaie toujours de me racheter, je l'inonde de câlins, d'amour, j'en fais souvent trop, je sais pourquoi, mais je ne peux pas m'en empêcher, c'est plus fort que moi. Je culpabilise trop de n'avoir pas été là ces 6 mois et une vie entière ne sera pas suffisante pour me racheter, je le sais. J'ai bien conscience que tout ça n'est pas vrai, mais je le porterai toute ma vie.


Avoir un 2ème enfant était absolument inconcevable, revivre ça, cette peur, cette angoisse, je n'en étais pas capable. Et puis un jour, l'envie a germée. Alors je me suis faite suivre. Une sage femme absolument merveilleuse qui m'a écoutée et aidée tout le long de ma grossesse.


Et ma fille est née. Ma licorne arc-en-ciel. J'ai enfin ressenti cet amour dont les autres parlaient, au moment où elle est sortie de mon ventre, au premier regard.


Toute l'angoisse s'est envolée.


Alors ne faites pas comme moi.


Parlez-en.


Contactez un professionnel qui saura vous aider, vous guider et vous sortir de ce trou noir.


Guettez les nouvelles mamans autour de vous et tendez leur la main, même si elles la refusent.


Vous sortirez du tunnel, je vous le promets <3.




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